Perspective sur la crise : la crise a t-elle vraiment commencé ?

Crises
L’épidémie de coronavirus n’a été que l’élément déclencheur d’une crise depuis longtemps latente, ce qui signifie aussi que la seule reprise du boulot ne va pas suffire à faire repartir le merdier. Il est même possible que la crise, la vraie, ne fasse que commencer. Les crises sont des évènements soudains et brefs : elles se traduisent par des vagues de faillites et de licenciements, un effondrement des investissements, une contraction brutale des PIB, un dégonflement de la valeur des actifs financiers. Elles sont suivies d’une reprise dont le dynamisme dépend du niveau de réengagement des investissements : le capital ne reste jamais en sommeil.… Lire la suite

Agents territoriaux en déconfinement.

Eboueurs
50 000 agents territoriaux ont travaillé sur le terrain pendant toute la durée du confinement. Dès le début de la pandémie, ils ont été mobilisé pour l’organisation du 1er tour des élections municipales. Pour la suite, ce sont surtout les agents de catégorie C des services publics essentiels qui se sont retrouvés en première ligne : ramassage des déchets, entretien des réseaux d’eau potable et d’assainissement, maisons de retraite, portage de repas et aides à domicile auprès des personnes âgées, viabilité des routes, crématorium et entretien des cimetières etc. Pour les agents en télétravail ou en autorisation d’absence exceptionnelle, une ordonnance ministérielle a permis aux employeurs territoriaux d’imposer jusqu’à 10 jours de congés.… Lire la suite

Leur déconfinement et le nôtre

Pas de retour à l"anormal
La philosophie générale du déconfinement est particulièrement inquiétante. Outre l’impression de précipitation qui prévaut depuis le début de la crise, avec son lot d’ordres et de contre-ordres, de déclarations absurdes et contradictoires, le gouvernement semble plus préoccupé de réduire les risques politiques et judiciaires liés à ses décisions que d’appliquer le plus largement possible le principe de précaution en matière sanitaire.  Ainsi, si « l’autonomie » prônée – des élus locaux, des établissements notamment scolaires – semble permettre de ne pas rouvrir un certain nombre de sites, elle déplace également la responsabilité de l’échec potentiel des mesures de déconfinement. Le gouvernement pourrait en cas d’échec – indiqué par une seconde vague épidémique – s’abriter derrière la « souplesse » qu’il ne cesse de mettre en avant, bien commode lorsqu’il s’agit de ne pas arbitrer.… Lire la suite

Un peu de clarté et quelques perspectives politiques sur ce que les économistes bourgeois appellent « catastrophe »

Depuis le début de la crise dite du coronavirus, l’industrie tourne au ralentit et des machines sont mises à l’arrêt : l’industrie française fonctionnait au mois de mars (qui n’a pourtant compté qu’une dizaine de jours de confinement) à 56 % de ses capacités de production, contre 83 % au premier trimestre 2020 – et 50 % des sites étaient à l’arrêt1. La production est bien plus profondément affectée qu’elle ne l’avait été en 2008-2009. Mais que dire des machines qui fonctionnent ? Toutes (loin s’en faut) ne sont pas affectées à la production essentielle. Pourtant, parmi les secteurs essentiels, continuent de tourner les secteurs de l’énergie, de l’eau, de l’alimentation, de la gestion des déchets, ainsi que des chaînes de production, parfois réorientées, pour des productions médicales (pharmacie masques, ventilateurs, cotons-tiges, gel hydro-alcoolique) – de sorte qu’abstraction faite des secteurs en grande tension du fait de l’épidémie, les besoins élémentaires de la population semblent actuellement (provisoirement?)… Lire la suite

#OneWorldTogetherForWorkersPower

Nous vivons à l’échelle planétaire une pandémie due au virus SARS-CoV-2. Si la gestion diffère d’un pays à l’autre (modalités de confinement, politique des tests, arrêt de l’activité économique, surveillance géolocalisée, etc.), cette catastrophe sanitaire engendre une réorganisation fébrile du capital à grande échelle dans un contexte d’instabilité majeure. La guerre des prix du pétrole entre la Russie, l’Arabie Saoudite et les États-Unis ainsi que la baisse de la demande ont contribué à faire chuter le prix du baril au point d’être négatif. Pourtant, dans ce contexte où les déplacements sont limités voire nuls, où en France les ventes de voitures ont chuté en mars de 72% par rapport à 2019 les grandes industries automobiles (comme Toyota) reprennent la production, préférant stocker plutôt que de protéger leur salarié·e·s Théories du complot, surenchère sur les tarmacs pour acheter des masques de protection, gestion de la pénurie sur la base de mensonges d’État : tout contribue à un climat anxiogène et délétère sur la totalité du globe.… Lire la suite

NOTES SUR L’ÉCONOMIE CAPITALISTE, L’ÉTAT ET LE CORONAVIRUS

Cette note met l’accent sur quelques circonstances économiques de long-terme qui donnent sens à la crise épidémique actuelle et à sa gestion. L’objectif est aussi d’appliquer une analyse économique manifestement abstraite, celle du marxisme, à la compréhension des éléments les plus concrets et saillants d’une conjoncture. 1- La production de médicaments, de tests, de masques, les prestations médicales, les lits en hôpital, sont des éléments constitutifs du salaire – que celui-ci soit géré par l’État, ou qu’il soit directement ou indirectement intégré au salaire des travailleurs.  2. L’objectif des employeurs capitalistes est de s’assurer le plus grand profit possible. L’objectif des travailleurs est de s’assurer le plus grand salaire possible.… Lire la suite