Crise sanitaire ? Urgence du communisme.

Lors de la première vague de la pandémie du COVID-19, le gouvernement a d’abord affirmé que les masques étaient inutiles pour cacher une pénurie, puis a laissé en première ligne le prolétariat – majoritairement féminin et racisé – exposé au virus sans protection avec pour seuls remerciement quelques applaudissements. Ensuite il a improvisé totalement le déconfinement. Ils ont choisis de se focaliser sur l’individu et sa responsabilité, plutôt que de poser le problème au niveau de la responsabilité des collectivités. 

Même dans un cadre capitaliste, il était possible de faire autrement : d’autres gouvernements bourgeois, comme ceux d’Allemagne ou de Corée du Sud qui a augmenté significativement son nombre de lit d’hôpitaux contrairement à tous les autres pays de l’OCDE, ont pris des décisions bien plus efficaces et plus rapidement. Actuellement, la France est le pays d’Europe qui fait face à la plus forte deuxième vague avec le triste chiffre de 17 000 mort·e·s depuis le 1er septembre.

Et qu’a proposé le gouvernement pour contrer cette seconde vague ? Un nouveau confinement qui n’a de confinement que le nom. Tout d’abord, sa mise en place a été extrêmement tardive, alors que le nombre d’infecté·e·s était déjà très élevé. Pourquoi  avoir tant attendu ? Probablement pour permettre de renflouer les trésoreries des commerçant·e·s. Mais pire, ce confinement ne consiste qu’en une série de mesures illusoires : nous sommes obligés d’aller bosser et le télétravail connaît tant de dérogations possibles que peu d’employeurs y recourent finalement. Les établissements scolaires sont encore ouverts, sans forcément que les protocoles sanitaires ne soient immédiatement appliqués faute de consignes,  alors que le ministère avait deux semaines de vacances pour mettre en place des consignes claires. Après avoir bâclé l’hommage à Samuel Patty, le gouvernement a laissé les établissements démunis. C’est seulement grâce à l’auto-organisation des enseignant·e·s et aux mobilisations des lycéennes et lycéens que la sécurité sanitaire s’est mise en place dans quelques établissements mobilisés. 

Un système économique nocif

Cette pandémie et son mode de circulation sont le produit de l’économie capitaliste. Déforestation massive, dérégulation du climat, course massive au profit, ce mode de production est néfaste pour la planète et pour toutes celles et ceux qui l’habitent.  Certains secteurs de l’économie capitaliste s’accommodent même tout à fait du fonctionnement pandémique. Nous allons vers une numérisation des échanges à marche forcée. Les entreprises ne faisant pas assez de profits disparaissent ou sont absorbées par d’autres. C’est ce que l’on appelle une phase de concentration des capitaux, qui peut aboutir à des dégraissages, des licenciements, une hausse du chômage et donc à une augmentation des inégalités sociales.

Les capitalistes tenteront de faire payer les prolétaires, il faudra, à ce moment-là, être prêt·e·s pour les contrer et affirmer que c’est aux capitalistes de payer leurs crises.

Tant que l’économie capitaliste n’est pas radicalement remise en question, il est assuré que d’autres crises sanitaires et écologiques verront le jour, avec le risque d’une vie confinée devenant la norme.
C’est pourquoi les prolétaires doivent y mettre fin.

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S’organiser

Il est important tout d’abord de s’organiser rapidement et concrètement : la radicalité d’un changement se fonde dans les moyens que nous nous donnons pour détruire ce qui nous détruit. Privilégions la santé plutôt que l’économie capitaliste en exigeant des mesures sanitaires urgentes pour briser la dynamique de l’épidémie ! 

Imposons :

  • Une véritable politique d’enquête épidémiologique et de détection des cas, notamment au travers de campagnes massive de tests (comme cela est expérimenté actuellement à Liverpool).
  • La gratuité et la réquisition des futurs vaccins et moyens thérapeutiques pour toutes et tous.
  • Un confinement efficace, notamment pour les lieux de travail.
  • Des moyens pour isoler complètement les cas COVID et leurs contacts dans des conditions saines et confortables.
  • Que la liberté de déplacement à plus d’1 km du domicile soit autorisée (le virus se propage très peu à l’extérieur).
  • La suppression du jour de carence en cas de maladies dans les établissements publics comme dans les entreprises du privé.
  • Que personne ne soit à la rue: réquisition des logements vides
  • La libération des personnes sans papiers actuellement enfermées sans protection sanitaire dans les Centres de Rétention Administrative.
  • Des moyens pour l’hôpital et la revalorisation des salaires des soignant·e·s

En attendant ne restons pas isolé·e·s et organisons nous pour que les règles sanitaires soient respectées au travail ou à l’école. Pour cela rejoignons les collectifs de lutte et les syndicats . Nous pouvons  nous adresser à l’inspection du travail, aux mairies, aux départements, ou aux Régions. Exigeons la gratuité des masques. Dans l’éducation, adressons-nous, parents, professeurs et élèves ensemble, aux rectorats, aux Inspections d’Académie et au ministère. Exigeons la réduction de moitié de la journée de travail pour permettre de diminuer les contacts. Réorganisons les lieux de sociabilité et de culture en milieu ouvert pour pouvoir les fréquenter en journée quand les températures sont les moins basses.

Cette crise ne sera peut-être pas la plus terrible. Pour en éviter d’autres il faudra organiser la production en fonction des besoins essentiels et travailler moins.

Personne n’est mieux placé pour savoir ce qui est bon pour le bien commun que celles et ceux qui font fonctionner le monde.

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