Nouvelles de l’insurrection en Irak

Manifestation à Bagdad

Il y a quelques jours, notre camarade Muayad Ahmed de l’Organisation pour une Alternative Communiste en Irak a réalisé ce court entretien, dont nous vous offrons la traduction.

Entretien avec Muayad Ahmed, sur la place Tahrir à Bagdad, réalisé par Dlawer Munzir le 15 / 11 / 2019.

DM : Muayad Ahmed, communiste et personnage politique célèbre en Irak et au Kurdistan. J’aimerais savoir ce que vous avez à dire à propos de l’insurrection ayant lieu actuellement à Bagdad et dans le reste de l’Irak.

MA : Je vous remercie et je suis très heureux de vous voir parmi nous ici, sur la place Tahrir. Il ne s’agit plus d’une manifestation, c’est une insurrection et je peux dire qu’elle a certaines caractéristiques d’une révolution. Plusieurs jalons ont été franchis au sujet de différents problèmes débattus depuis des années :

+ la libération des femmes et leur participation à la vie politique, leur rôle quant à créer des changements politiques.

+ la jeunesse de ce pays, dont la plupart de celles et ceux qui en font partie, qu’ils / elles soient travailleurs.ses, personnes en situation précaire ou étudiant.e.s, sont en première ligne et permettent que le mouvement continue d’exister. Où que vous portiez votre attention, vous pouvez voir que le gouvernement est en crise et perd du terrain.

+ le sectarisme et le nationalisme ont été enterrés pour de bon.

+ nombreux et nombreuses prennent parti contre les figures religieuses et les partis islamistes (que ce soit celui de Sadr ou d’autres).

L’insurrection qui a commencé le 24 octobre et les manifestations ayant commencé au 1er octobre ont crée des changements politiques et sociaux désormais impossibles à remettre en cause.

Un autre point que je vousdrais mettre en avant est que tous les partis politiques, même celui de Sadr, ont perdu de leur attrait dans la société. La référence religieuse à al-marjaiia’ (la déférence envers un clerc religieux dans le chiisme) a été fortement remise en cause et a perdu de sa présence au sein de la société.

De plus, il y a une condamnation largement partagée du rôle de l’Iran et son intervention en Irak.

Tous les partis réformistes, même le parti communiste, ont souffert et n’ont pu prendre position en faver du mouvement, bien qu’ils aient réussi d’une certaine manière à réapparaître.

Pour résumer : le mouvement continue de progresser. Malgré 16 ans de souffrance, il y a un large soutien au mouvement parmi la jeunesse, les chômeur.se.s, les travailleurs.ses, même parmi les employé.e.s des secteurs privé et public. Ce que l’on peut voir, c’est la volonté de protéger l’insurrection et ses victoires parmi le public. Il y a un fort appui en l’idée qu’il s’agisse d’une opportunité d’aller de l’avant et qu’un changement doit avoir lieu.

Dans toutes les autres villes, Bassorah, Diwanya, Nassriyah, Amara, Kut, etc., les manifestant.e.s collaborent vers cette direction : soutenir l’insurrection, la faire progresser et gagner d’avantage.

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