Communiqué d’organisations suite à la manifestation du 9 février

Introduits dans les manifestations de gilets jaunes, des groupes fascistes ont perpétré de nombreuses agressions ces dernières semaines. Ainsi, à Paris, les militant.e.s du NPA ont subi une violente attaque samedi 26 janvier, perpétré par le groupuscule « les Zouaves ». Revenus à la charge le samedi suivant, ils se sont heurtés à un cortège bien décidé à défendre sa liberté de manifester. Le samedi 9 février, à Toulouse, une vingtaine de nervis ont attaqué un cortège de militant.e.s de gauche. Ils ont été à leur tour repoussés.

La situation est particulièrement violente à Lyon, où divers groupes fascistes disposent d’une implantation relativement importante. C’est le cas notamment du groupe « Bastion social » qui cherche à se donner un vernis « social » par des actions en faveur des pauvres (blancs et « Français de souche » uniquement ! ). Également des identitaires qui n’hésitent pas agresser des personnes seules à coups de couteaux et battes de baseball. Depuis bien des années, pas un mois ne se passe sans que ce milieu ne s’illustre par des exactions dirigées contre des locaux associatifs, syndicaux ou politiques, des couples ethniquement mixtes, des personnes homosexuelles. Professant une culture viriliste de la violence, bien des individus de ce milieu ont été l’objet de poursuites judiciaires pour des coups portés ayant entraîné des mutilations ou des infirmités permanentes. Leur mode opératoire : attaquer en bande des individus isolés. Clairement, il s’agit de meurtriers en puissance.

Ce milieu tente, depuis le début de la mobilisation, de prendre la tête des cortèges pour y impulser une politique d’agressions racistes et de violences politiques dirigées contre des syndicalistes ou des militant.e.s de gauche. Bien souvent, il n’agit pas à visage découvert, cherchant à s’appuyer sur l’ « apolitisme » revendiqué d’une partie des gilets jaunes et faisant mine de rechercher « l’unité » du mouvement. Dans les rues, on voit ces fascistes pourchasser de jeunes enfants maghrébins aux cris de « casseurs ! », lors même qu’ils ne disent rien lorsque des Blancs ont une pratique émeutière. Pour ces nostalgiques du 6 février 1934, (coup de force des ligues de droites pour tenter de renverser le parlement et imposer une dictature fasciste) l’émeute doit être un privilège blanc.

Leur objectif est, en réalité, d’interdire l’expression de toute perspective émancipatrice et d’empêcher l’unité de tou·te·s les travailleur·se·s, des quartiers populaires, de tou·te·s les opprimé·e·s de ce pays quelques soient leurs origines ou orientation sexuelle, contre Macron et son gouvernement autoritaire qui cherchent à liquider les acquis sociaux et les libertés publiques. En cela, ce milieu agit comme auxiliaire du grand patronat qui dirige ce pays.

À Lyon, ce samedi 9 février, ce milieu qui se revendique ouvertement des régimes fascistes, appuyé par les « Zouaves » de Paris et profitant de l’organisation d’un concert néo-nazi dans les monts du Lyonnais, a une nouvelle fois agressé des gilets jaunes et des manifestant·e·s en raison de leurs opinions politiques.

Armés de divers objets contondants, de projectiles et de barres de fer, ils ont pu agir sous le regard bienveillant de la police. La police a finalement réagi après plusieurs minutes, en inondant de gaz lacrymogène non les assaillants, mais les manifestant.e.s qui ont opposé une résistance victorieuse à leurs exactions. Quoi d’étonnant ? Certains de ces nervis fascistes sont, depuis longtemps, des indicateurs de la police. Ils n’agissent pas en marge de cette dernière, en bénéficiant d’un capital de sympathie, mais bien avec elle, dans le but de réprimer les mouvements sociaux. En tabassant toutes celles et tous ceux qui ne correspondent pas à leur vision fantasmée de la société parfaite, ces véritables agents de la division et de la haine raciale agissent en saboteurs, en milices macronistes.

À de rares exceptions près, le traitement médiatique de cette situation a consisté à renvoyer dos à dos la violence des fascistes et l’exercice d’une légitime défense de la part des manifestant·e·s, y voyant une supposée guerre de gangs entre « fas » et « antifas ». Ce discours de banalisation est en réalité un fier service rendu aux fascistes, puisqu’il contribue à isoler leurs cibles et donc à les rendre plus vulnérables.

Nos organisations appellent l’ensemble des gilets jaunes à s’informer sur la violence des groupes fascistes à Lyon et à les écarter*. Elles condamnent les actes et discours de banalisation de la violence des fascistes ainsi que la violences policières (mains arrachées, visages éborgnés, peines de prisons…). Elles invitent à un large front des gilets jaunes, du mouvement ouvrier organisé, des antiracistes et de toutes les minorités opprimées pour prendre la rue toujours plus nombreux·ses et affronter Macron ainsi que toute l’offensive antisociale contre nos conditions de vie et de travail qui porte les vents mauvais d’un durcissement autoritaire du régime.

Signataires : CGA, NPA, UCL, UPC, Ras le Front

< >

Réagissez