L’écologie sera communiste ou ne sera pas !


La fin du monde ou la fin de leur monde ?

Depuis quelques mois, la théorie d’un effondrement imminent de notre civilisation essaime dans les médias et le militantisme écologique sous le nom de « collapsologie ». Cette crainte aux accents d’apocalypse est une réaction au récent rapport du GIEC du 8 octobre, annonçant que les conséquences du réchauffement climatiques pourraient s’avérer dramatiques dès 1,5°, sans attendre le seuil des 2° fixé comme limite lors de la COP 21. Or ce seuil sera atteint dès 2040 sans inversion de la tendance actuelle des émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais la « fin du monde » annoncée n’a rien d’une nécessité : ce discours catastrophiste n’est que le reflet d’une impuissance à penser la fin du capitalisme.

La crise écologique est une crise capitaliste.

En réalité, on ne peut envisager d’issue politique à la crise écologique qu’en analysant ses causes socio-économiques sur lesquelles il est possible d’agir. C’est principalement en raison de sa manière de produire et de consommer des ressources naturelles et des énergies que l’espèce humaine perturbe les équilibres fragiles des écosystèmes. Or aujourd’hui, ce mode de production a un nom, c’est le capitalisme. En quoi est-il écologiquement incompatible ?

On appelle capitalisme une manière de produire par investissement de capitaux, qui ne permet de satisfaire des besoins humains qu’à condition de faire du profit sur investissement. Cela conduit non seulement à accroître toujours d’avantage la productivité en usant d’énergies fossiles, pour rester compétitif sur le marché, mais aussi à produire toujours d’avantage de marchandises, quitte à les détruire pour faire monter les prix. En résulte un immense gaspillage de ressources et une pollution des écosystèmes. Cette dynamique productiviste du capitalisme n’a fait que se renforcer depuis la nouvelle phase de restructuration de l’économie mondiale et de délocalisation. Pour ne citer qu’un chiffre, la moitié de toutes les émissions de C02 depuis la révolution industrielle (fin XVIIIe siècle) a été produite après 1986. Et le rythme ne fait que s’accélérer.

Pour une écologie révolutionnaire et communiste.

On entend souvent que la solution consisterait à consommer différemment, d’une manière plus responsable, en prônant par exemple une éthique de la « sobriété heureuse ». Non seulement, cette conception fait porter la responsabilité sur les individus qui consomment, et non sur les entreprises qui poussent à la consommation, mais elle reste incapable de penser au-delà de l’économie de marché. Or pour une production marchande, le critère écologique reste toujours secondaire par rapport à l’impératif de faire du profit.

Par ailleurs, les politiques publiques officielles, menées au niveau national et international, se sont jusqu’à présent avérées totalement inefficaces. Les chefs d’Etat ont beau prôner des objectifs de réduction de l’émissions des GES dans les conférences internationales, ils sont incapables de mettre en place des mesures significatives. Les régulations par le marché, en imposant par exemple des taxes carbones, ne doivent ni remettre en cause les profits des entreprises, ni fragiliser la compétitivité d’une économie nationale.

Il ne faut pas se leurrer, l’économie capitaliste régulée par le marché est écologiquement destructrice. Une politique écologique conséquente ne pourra être menée qu’à condition que les membres de la société puissent décider ensemble de ce qu’ils veulent produire en prenant en compte les conditions naturelles dans lesquelles ils et elles vivent. Et cela ne pourra se faire qu’à condition d’abolir la propriété privée des moyens de production, autrement dit, par une révolution communiste.

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