Iran : le réveil du prolétariat ?

Entre le 28 décembre 2017 et la mi-janvier 2018, l’Iran a connu une série de manifestations et d’émeutes dans diverses villes de son territoire. A la suite de plusieurs rassemblements à Mashhad et sa région (Nishapour, Kashmar, etc…), plusieurs régions, notamment le Kurdistan iranien, le Lorestan et le Khuzestan, ont vu des phénomènes similaires se produire, rassemblant des centaines à des milliers de personnes dans de nombreuses villes de petite et moyenne importance. Ces manifestations ont pu tourner à de nombreuses reprises à l’émeute la nuit, avec des incendies de bâtiments liés à l’Etat (commissariats, postes de police) ou aux banques de crédit. Au total, une vingtaine de personnes furent tuées par la police ou des membres des milices liées au Guide suprême et chargées de la répression des manifestations (les bassijis et les Gardiens de la Révolution). On estime à environ 4000 le nombre de personnes arrêtées, avec des cas de torture rapportés par diverses organisations et médias.

Si le mouvement qui dura finalement autour de deux semaines semble désormais s’être bien atténué, les causes de son émergence risquent de se maintenir, du fait du jeu politique particulier à l’Iran et à la situation économique et sociale du pays. Il est intéressant de revenir sur le contexte et les raisons de ces manifestations et émeutes, bien différentes dans leur composition, leurs revendications et leur mode d’action de ce qui constitua, en grande partie, le « mouvement vert » de 2009 à la suite des élections présidentielles d’alors[1]. En effet, le « mouvement vert » émergea avant tout des quartiers habités par les classes moyennes salariées dans plusieurs grandes villes, avec des revendications politiques liées avant tout au courant « réformateur » : dénonciation des fraudes électorales et reconnaissance des votes pour les candidats Mir-Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi, évolution vers un système politique plus démocratique dans le cadre de la République islamique. Si une frange plus radicale du mouvement existait, en confrontation bien plus ouverte avec la République islamique et l’appareil militaro-clérical sous l’égide du Guide suprême, les débats au sein du « mouvement vert » puis sa répression massive éteindront cette volonté politique radicalisée. Les manifestations et émeutes nées à la fin décembre 2017 semblent s’inscrire plus clairement dans cette opposition générale à la bourgeoisie iranienne, quelle que soit sa coloration politique.

 

 

Brève histoire de la classe ouvrière iranienne

La classe ouvrière iranienne, qui s’est constituée avec l’industrialisation progressive du pays dès le début du vingtième siècle, avec notamment l’exploitation du pétrole, connaît une histoire riche en luttes, victoires et désillusions. Plusieurs organisations socialistes et communistes apparaissent dans les années 1920 et 1930, notamment le Parti Communiste d’Iran. Celui-ci fut créé en 1920 et lié à la Troisième Internationale, il fut notamment assez important dans la création éphémère d’une république autonome du Gilân (dans le nord de l’Iran, sur la côte de la mer Caspienne), avant d’être sévèrement réprimé de ce fait. Si de réels succès d’organisation et de lutte ont pu être réalisés, les organisations, militant.e.s de la gauche socialiste et communiste et les ouvrièr.e.s en lutte vont connaître une importante répression de la part la monarchie de Rezâ Shâh, mais aussi des autorités britanniques liées à l’Anglo-Persian Oil Company. Face à la menace d’une alliance entre Rezâ Shâh et l’Allemagne nazie, l’occupation soviétique et britannique du pays a lieu à partir de la fin 1941 afin d’assurer les livraisons de pétrole à l’effort de guerre. De nombreux opposants politiques de gauche furent alors libérés et le parti Tudeh (« Les Masses ») et divers syndicats se formèrent, constituant par la suite les vecteurs d’une massification du mouvement ouvrier, amenant notamment à la grève générale de 1946, qui eut pour résultat l’obtention de meilleures conditions de travail, d’une limitation de la journée de travail à 8 heures, l’interdiction du travail des enfants et de divers avantages inscrits dans la législation. La ligne politique du Tudeh est, dès ses débuts, sous forte influence soviétique et le parti soutient les actions de l’URSS pour la formation de républiques autonomes en Azerbaïjan iranien et au Kurdistan à la sortie de la guerre. Ce soutien, objet de débat au sein même du parti, créa de fortes ambivalences envers lui, soutien effectif des luttes ouvrières mais en même temps critiqué pour ses contradictions quant aux velléités de l’URSS au sein du pays. La répression du mouvement communiste se fit toutefois rapidement sentir, avec une première interdiction du parti Tudeh en 1949, qui parvint à se maintenir dans la clandestinité. Il s’est tout d’abord opposé à la volonté de nationalisation de l’industrie pétrolière désirée par le gouvernement Mossadegh, vu par la ligne majoritaire du parti comme un allié de l’impérialisme américain, là aussi un exemple de sa position pro-soviétique en contradiction avec les intérêts du prolétariat iranien.

Manifestation en 1953 au moment du conflit diplomatique au sujet de la nationalisation du pétrole iranien

 

Il se révéla toutefois d’une grande importance à un moment critique dans le soutien au premier ministre Mohammad Mossadegh dans ses tentatives de nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne. Le coup d’Etat de 1953 amena une répression d’autant plus violente dans les rangs du Tudeh et de la plupart des organisations politiques de la gauche iranienne liées à la classe ouvrière. Le régime royaliste se révéla sans pitié envers les syndicats et tous les militants et militantes de gauche. Le Tudeh se maintint dans la clandestinité, ainsi que d’autres partis, et plusieurs organisations de lutte armée (Fedayin du Peuple, Modjahiddines du Peuple…) maintinrent un niveau de conflictualité important face à l’Etat de la dynastie Pahlavi jusqu’en 1979[2]. Plusieurs de ces organisations défendirent alors une autre ligne politique, déliée du soutien à l’URSS défendu par le Tudeh, plus favorables au conflit ouvert avec la bourgeoisie iranienne.

Toutes ces organisations eurent un rôle important dans le moment révolutionnaire de 1978 – 1979, avec plusieurs grèves et un activisme continuel dans l’ensemble du pays jusqu’au départ du roi Mohammed Reza Pahlavi. Entre 1979 et 1981, la gauche iranienne participe à la vie politique et plusieurs organisations politiques et syndicalistes existent, en opposition les unes contre les unes notamment en ce qui concerne le soutien apporté au nouveau régime républicain et à la Constitution. Le Tudeh se révéla alors un soutien avéré dans la répression d’organisations de gauche menée par le gouvernement républicain, avant d’être lui-même victime de cette politique. En effet, le début de l’invasion du pays par l’armée irakienne et la guerre qui va s’en suivre donnent à Ruhollah Khomeini et tous ceux qui représentent le courant islamiste de la révolution iranienne les moyens d’agir contre toute l’opposition politique à la République islamique. Emprisonnements, exécutions et exil détruisent ce qui avait pu se construire depuis 1978. Depuis, il n’y a eu que peu de tentatives d’un conflit d’ampleur nationale mené par le prolétariat iranien contre le régime, jusqu’à la fin 2017 et la mi-janvier 2018, du fait notamment de la répression anti-syndicale menée aussi bien sous les présidences Rafsanjâni, Khâtami qu’Ahmadinezhâd, à laquelle s’ajoute l’actuelle présidence Rouhâni.

Ce rapide panorama de l’histoire des mouvements de la classe ouvrière iranienne montre l’importance de ce qui s’est passé il y a quelques semaines et indique peut-être les difficultés à venir pour le régime de la république islamique en ce qui concerne cette section de la société iranienne. Il faut maintenant en venir aux causes plus directes de ces manifestations et émeutes. Il est courant que des grèves ou des manifestations liés à des conflits du travail aient lieu en Iran, mais elles ne dépassent guère un niveau local et ne se résolvent pas toujours avec le même niveau de violence qu’ont rencontré les manifestant.e.s en 2017 / 2018[3]. De fait, la quasi-totalité des villes qui ont vu des manifestations ou des émeutes avoir lieu ont connu des conflits liés au travail ces dernières années. Dès lors, pourquoi ce mouvement s’est-il déclaré et a-t-il pris une telle ampleur ? La dégradation des conditions de vie du prolétariat iranien en est certainement une des causes.

Contexte géopolitique, politique et économique du mouvement

Depuis les sanctions imposées sur l’économie iranienne par les Etats-Unis, les pays de l’Union Européenne et les Nations Unies en réponse au développement d’une industrie nucléaire par l’Iran, avec la possibilité de la construction d’armes atomiques, le pays a connu une forte dégradation de son économie, particulièrement ressentie par certains secteurs de la population. Entre 2006 et 2015, l’Iran a connu des périodes de forte inflation (autour de 30 % en 2009, pour atteindre 45 % en 2013[4]), en plus de l’embargo de différents produits (médicaments, pièces de rechange pour voitures et avions, etc.). À la suite de l’accord du 14 juillet 2015 entre l’Iran et les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Russie, la Chine, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, l’administration du président Hassan Rouhâni tente une libéralisation de l’économie en vue d’attirer des investissements étrangers et de la diversifier, afin d’atténuer l’importance de la rente pétrolière détenue par l’appareil militaro-clérical. Cette application de réformes libérales s’apparente très largement aux choix du courant « réformateur » iranien en matière économique, représenté dans sa version la plus agressive par l’ancien président Akbar Hâshemi Rafsanjâni (1989 – 1997) ou en apparence plus progressiste par l’autre ancien président Mohammad Khâtami (1997 – 2005), tous deux ayant tenté de privatiser plus largement l’économie iranienne, de manière générale contre les intérêts du prolétariat iranien[5].

Si l’inflation est de plus en plus contenue désormais sous l’administration Rouhâni et si les bénéfices liés à la vente du pétrole ont connu une certaine croissance avec la plus grande facilité laissée à l’Iran d’exporter ses produits avec la fin des sanctions, la volonté d’attirer des investissements d’entreprises étrangères, qui ont pu notamment quitter le pays alors que le pays était sous le régime des sanctions, nécessite de montrer patte blanche et de construire un environnement économique de confiance du point de vue des capitalistes. Le positionnement géopolitique de l’Iran se révèle assez important ici : face à la politique anti-iranienne des Etats-Unis, il n’est pas assuré que des entreprises étrangères aient très envie de s’installer en Iran, il est dès lors d’autant plus nécessaire pour l’administration Rouhâni de faire le plus d’efforts en ce qui concerne la privatisation de l’économie.

Dans un pays où quasiment l’ensemble des secteurs économiques sont détenus dans leur majorité soit par l’Etat, soit par des fondations religieuses ou des organisations liées à l’armée ou aux Gardiens de la Révolution (et donc à un réseau relié fondamentalement au Guide Suprême, Ali Hosseini Khâmenei), l’administration Rouhâni a peu de marges de manœuvre pour développer le secteur privé. Dans la présentation du budget 2018 – 2019 en décembre 2017, plusieurs points ont pu être aux origines de la contestation : la révélation publique du budget de différentes fondations religieuses, et la suppression d’une allocation fixe accordée aux classes pauvres et moyennes inférieures. La première qui a pu amener des personnalités liées à ces fondations à appeler aux premières manifestations, mais a pu aussi donner une idée à la population iranienne du budget de l’Etat accordé à ces fondations, argent qui pourrait être reversé dans les services publics, en voie de dégradation. La seconde est la suppression d’une allocation mise en place en 2010 sous l’administration Ahmadinezhâd et s’assimile à une forme de redistribution de la rente pétrolière. Etant d’un montant fixe et non-indexée à l’inflation, elle a perdu de sa valeur initiale. Si, pour les membres des classes moyennes avec un emploi, cette allocation représente un peu d’argent en plus, elle se révèle une part importante de revenu pour les classes les plus pauvres de la société iranienne, notamment parmi les chômeuses et chômeurs[6].

Manifestation des ouvriers de l’usine à sucre Haft Tappeh, à Shush, dans le Khuzestân, en décembre 2017

 

Sa suppression s’ajoute ainsi à un contexte économique difficile pour le prolétariat iranien, difficultés moins ressenties par les classes moyennes salariées. Elle accompagne aussi un mouvement de plus faible redistribution de la rente pétrolière, déjà indiquée par la suppression, au cours des années précédentes, de subventions d’Etat sur les produits pétroliers qui les maintenaient à des prix abordables pour l’ensemble de la population. Cette question de la distribution de la rente pétrolière n’est d’ailleurs pas limitée à l’Iran : l’Arabie saoudite, le Venezuela et d’autres pays rentiers connaissent de fortes difficultés sociales du fait, en partie, de la chute du prix du pétrole ces dernières années. S’il est tout à fait possible que cette valeur revienne à la hausse à mesure que les réserves mondiales s’épuisent, les problèmes liés aux économies rentières se font toutefois nettement sentir, notamment parmi leur prolétariat.

Dès lors, les manifestations à la fin décembre, appelées localement par certains conservateurs, furent rapidement dépassées dans leur volonté de dénoncer la seule administration Rouhâni. Si les slogans et les modes d’action des manifestations et émeutes ont pu dénoncer la politique du gouvernement, c’est l’ensemble du régime et de ses deux factions principales qui sont visées, soit pour avancer des revendications économiques, soit pour exprimer une opposition à un système capitaliste, incarné par l’appareil militaro-clérical. Les slogans anti-religieux ou appelant à l’opposition des opérations militaires ou au soutien du régime accordées à des organisations comme le Hamas ou le Hezbollah s’inscrivent ainsi dans un refus de cet appareil et de la bourgeoisie qu’il constitue. Il est d’ailleurs intéressant de constater que le mouvement a pu naître dans des régions considérées comme « conservatrices » et où se trouverait la base sociale du régime de la République islamique : il est possible de voir cela comme un retournement de cette base social contre le régime. Toutefois, cet arguement attache beaucoup d’importance à la sociologie électorale et donc à une fidélité politique supposée constante du fait des résultats des élections, qui peuvent toutefois être aussi les conséquences d’un clientélisme. Par exemple, la ville de Mashhad et sa région sont très liées dans leur économie locale à la fondation Quds Razavi attachée au sanctuaire de l’imam Rezâ, une des organisations religieuses les plus riches d’Iran. Cette fondation est actuellement dirigée par Ebrâhim Râissi, le candidat conservateur et perdant des dernières élections présidentielles. Il faut toutefois garder à l’esprit la composition de classe et les conflits économiques et sociaux qui peuvent exister au sein de ces régions.

De plus, la contestation s’est montrée d’autant plus violente dans des régions du pays qui connaissent des conflits économiques, liés à l’emploi, aux paiements des salaires non assurés, aux conditions de travail, voire des conflits plus politiques, notamment dans le Khuzestan (sud-ouest côtier de l’Iran) où une population majoritairement arabe fait l’objet d’un racisme d’Etat, ou au Kurdistan où des formes d’insurrection de plus ou moins importante intensité, ainsi qu’une volonté d’autonomie existent depuis plusieurs décennies. Ainsi, le mouvement a pu dénombrer, en attendant d’autres sources pour évaluer ce chiffre, une vingtaine de victimes, notamment dans des villes des Khuzestan, Kurdistan et Lorestan. Il faut ajouter à cela des personnes arrêtées victimes de torture et qui ont pu être tuées lors de leur détention, notamment parmi la population étudiante et les militants de gauche à Téhéran dans la prison d’Evin, bien connue pour être un lieu de détention de prisonniers politiques où la torture a libre cours, et ce depuis sa construction en 1972 sous la monarchie Pahlavi.

Quelles perspectives pour le prolétariat iranien ?

Si les manifestations et les émeutes n’ont plus lieu actuellement, il est loin d’être certain que les causes de leur naissance risquent de disparaître. Le président Rouhâni tente d’utiliser ce mouvement social comme argument pour justifier ces choix économiques, face à un appareil capitaliste lié à l’armée et au clergé discrédité aux yeux de nombreux et nombreuses participantes de ces manifestations. Le budget proposé par son gouvernement fut tout d’abord rejeté, conséquence sans doute du mouvement récent, avec notamment des critiques dans l’assemblée législative des baisses des subventions sur les produits pétroliers ainsi que sur la suppression de l’allocation créée sous la présidence Ahmadinezhâd. Un budget révisé a été voté, atténuant probablement ces volontés du gouvernement. Mais au-delà de ces aspects conjoncturels, des problèmes structurels demeurent pour le prolétariat iranien : la création de syndicats indépendants pour la défense de ses droits et pour l’obtention de meilleures conditions de travail, ainsi que des mesures pour résoudre la précarité et la pauvreté présente dans la société iranienne. Il est à douter que le régime de la République islamique, représenté aussi bien par Hassan Rouhâni qu’Ali Khâmenei, ait une quelconque envie de résoudre ces problèmes. La répression des conflits liés au travail pourrait se maintenir.

Nous soutenons donc les revendications des membres du prolétariat iranien qui se sont révoltés il y a quelques semaines, quelque soit leur mode d’action pour ce faire. De même, nous soutenons les personnes arrêtées par la police ou blessées par les milices paramilitaires lors de la répression du mouvement, ainsi que les familles des personnes tuées par les forces de l’Etat iranien.

 

Campagne de soutien aux prisonniers politiques en Iran : https://cfppienglish.wordpress.com/

[1] Pour une analyse récente de la composition et des revendications du mouvement de 2009, voir http://www.hicsalta-communisation.com/accueil/episode-5-iran-2009-faux-printemps.

[2] Pour un portrait beaucoup plus vaste de l’histoire sociale iranienne et notamment des organisations de gauche et de la classe ouvrière, le livre de 1982 d’Ervand Âbrâhâmiân, Iran Between Two Revolutions, demeure une référence bien que des sources, notamment celles issues d’URSS, n’étaient pas disponibles lors de sa rédaction.

[3] Voir cet article pour une rapide évaluation de la conflictualité liée au travail ces dernières années en Iran : https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2018/01/19/how-years-of-increasing-labor-unrest-signaled-irans-latest-protest-wave/?utm_term=.27889facbd48. Cet article résume bien les problèmes pour la classe ouvrière iranienne à mener des luttes syndicales depuis 1979 : https://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/tehranbureau/2011/04/labors-struggle-for-independent-unions.html.

[4] https://tradingeconomics.com/iran/inflation-cpi.

[5] En français, voir les chapitres consacrés à ces sujets dans le livre actualisé en 2007 de Jean-Pierre Digard, Bernard Hourcade et Yann Richard, L’Iran au XXe siècle : entre nationalisme, Islam et mondialisation.

[6] Cet article de l’économiste Djavâd Sâlehi-Isfahâni résume de manière claire les problèmes pour le prolétariat iranien qui apparaissent dans la politique budgétaire de l’administration Rouhâni, notamment en ce qui concerne la redistribution de la rente pétrolière : https://djavadsalehi.com/2017/12/31/rouhanis-new-budget-aims-to-eliminate-cash-transfers/.

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Un commentaire (+ ajoutez le votre ?)

  1. cln
    13 Fév 2018 @ 15:21:11

    A lire ou à relire, même si cela date de 2011
    « Il s’agit d’aller à l’essentiel : les luttes de classes actuelles en Iran sont dans la politique. Ce n’est ni un leurre, ni une mystification.
    En Iran, malgré toutes les velléités de « réformes », l’État demeure un rapport de production. La contestation de la réélection d’Ahmanidedjad, dans son contenu, sa forme et son agenda est politique. l’enjeu est l’accession de l’État à sa nature d’État séparé de la société, c’est-à-dire la fin du populisme. Cet enjeu est politique, social, économique et culturel.
    Le prolétariat, qui lutte d’abord pour être payé, est embarqué dans ces luttes de classes politiques. Qu’on le déplore ou non, ses luttes propres sont inscrites et définies contradictoirement mais consubstantiellement dans cette conjoncture. Tous les éléments de la société iranienne qui avaient fait prise comme République islamique se défont et se sont mis à tomber dans le vide jusqu’à ce qu’une nouvelle prise des ces atomes crochus intervienne. »

    http://senonevero.communisation.net/1/article/de-la-politique-en-iran

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