Sélection à l’université : construire la lutte, défaire le gouvernement

Vers la liquidation du droit aux études

Peu avant Noël, un projet de loi modifiant les modalités d’accès au premier cycle universitaire a été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale. Sans attendre son adoption définitive, le gouvernement commence d’ores et déjà à mettre en œuvre sa réforme, dite « Plan étudiants ».

 

Jusqu’ici, le baccalauréat, tout en sanctionnant la fin des études secondaires qu’elles soient générales ou professionnelles, constituait le « premier grade universitaire ». En droit, cela imposait aux universités d’autoriser chaque bachelier à s’inscrire en première année, dans la licence de son choix.

 

Si, en pratique, des restrictions existaient déjà  (numerus clausus en médecine, pratique du tirage au sort dans certaines filières du fait du manque de moyens), l’inscription dans la loi d’une sélection ouverte à l’entrée des facs brise définitivement le principe d’un droit aux études fondé sur l’obtention de diplômes nationaux, avec des épreuves identiques pour tous.tes. La prochaine étape est d’ailleurs déjà fixée par le gouvernement : c’est la réforme du bac, avec un bac différent dans chaque lycée.

 

Vers des facs et un système éducatif privatisés, pour les riches

En remplacement de la situation antérieure, et si la mobilisation ne vient pas briser l’offensive gouvernementale, chaque université sera habilitée à établir ses propres critères de sélection. Elle pourra exiger bulletins de note et documents divers, et trancher en fonction de ce qu’elle estime être les « compétences attendues » de chaque filière.

 

Ce renforcement de l’autonomie de chaque établissement universitaire, qui s’inscrit dans le sillage des précédentes réformes, aboutira parallèlement à une hausse des frais d’inscription, au renforcement d’une université à deux vitesses avec des filières et des diplômes poubelles et d’autres prestigieux, dont l’accès sera peu ou prou réservé aux filles et fils de bourgeois ou, pour les familles populaires, au prix d’un endettement sur 5, 10 voire 20 ans.

 

L’accès aux études, enjeu majeur de la lutte de classe

La reconnaissance des diplômes par les conventions collectives comme niveau de qualification ouvrant droit à un certain niveau de salaire est devenu, pour les capitalistes, un obstacle majeur dans leur lutte pour faire baisser les salaires et domestiquer les travailleurs.ses.

 

Par conséquent, restreindre l’accès aux diplômes, les vider de leur valeur identique pour toutes.s, déqualifier et donc faire baisser le prix général de la force de travail constituent des objectifs du gouvernement qui menacent non seulement chaque jeune travailleur.se en formation, mais toute la classe des travailleurs.ses.

 

A l’inverse, de la Commune de Paris proclamant le droit à l’instruction pour tous et toutes aux résistances victorieuses des cinquante dernières années contre les précédentes lois de sélection, dont la loi Devaquet en 1986, notre camp social n’a eu de cesse de défendre la perspective d’une éducation de masse, gratuite, critique, scientifique, arrachée à la tutelle étatique et indépendante des intérêts capitalistes. En dernière analyse, cette perspective est indissociable de la perspective plus générale d’une révolution sociale.

 

Il revient aux jeunes travailleur.ses en formation (lycéen.e.s, étudiant.e.s) de reprendre le flambeau de cette lutte, en organisant la mobilisation la plus massive et la plus efficace possible pour infliger une défaite au gouvernement ; en se dotant dans chaque établissement de comités de lutte coordonnés au plan local, régional comme national ; en imposant aux syndicats une attitude de lutte, plutôt que de conciliation ; en multipliant, à tous les échelons, les manifestations.

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