Ce que nous voulons : la gratuité des logements pour toutes et tous

Hiver 2017.  Nous sommes le 29 décembre. Sur le trajet entre la gare de la Part -Dieu et le métro Saxe-Gambetta, au moins 5 personnes sont emmitouflées dans des couvertures, adossées à des bureaux vides quand à eux chauffés et éclairés. 10 ans après les actions des Don-Quichotte et les luttes des différents « ministère de la crise du logement » en 2007 la situation n’a fait qu’empirer pour les plus pauvres d’entre nous. Et le futur n’est guère réjouissant. Le gouvernement de la République En Marche le prouve à chaque instant.  Le récent transfert de la gestion des allocation logements de la CAF au budget de l’État a pour conséquence directe l’annonce pour janvier 2018 d’une baisse généralisée de 50 euros sur les APL pour les locataires en HLM (rajouté aux 5€ de baisse annoncé en septembre). La municipalité de la ville de Lyon a été pendant seize ans sous mandat de l’actuel ministre de l’intérieur Gérard Collomb. Son bilan ? Un quartier des affaires comptant un million de m² de bureaux, un milliard d’euros d’investissement public pour équiper de tours le quartier de la Gare Part-Dieu faisant grimper le prix du mètre carré à 8000 euros pour les futurs propriétaires des logements dessinés par l’architecte Jean Nouvel. Mais aussi 343 enfants vivant dehors et près de 50 000 logements vides, dont des immeubles entiers, abandonnés alors qu’ils pourraient être réquisitionnés selon la loi de lutte contre l’exclusion du 29 juillet 1998. Des centaines de réfugié.e.s dorment dans des abris de fortune soutenu·e·s par un collectif d’habitant·e·s riverain.e.s de l’esplanade Mandela en plein cœur de Lyon. La municipalité préfère à nouveau payer cette année une taxe sur le logement vide tout comme les communes de Villeurbanne, Caluire et Cuire, Rillieux-La-Pape, Bron, Vénissieux et Vaulx-en-Velin. 60000 personnes sont en attente d’un logement social dans la métropole lyonnaise alors que le prix des loyers a augmenté de 138% ces dix dernières années. À cette volonté affichée de favoriser les bailleurs privés au détriment des bailleurs sociaux en les obligeant à vendre 1% de leur parc immobilier et en baissant les aides de l’État, vient s’ajouter les nombreuses décisions d’expulsions prononcées par les juges des tribunaux administratifs. Les riches auront la Skyline de Collomb tandis que les pauvres continueront à mourir en bas des tours, de faim de froid ou de maladie (dont la tuberculose réapparue récemment à cause de la précarité de la rue).

Mais c’est sans compter sur les luttes exemplaires des différents collectifs (Agir migrants, Jamais  sans toits, RESF, etc…) ainsi que celle menée par les  étudiant.e.s de l’Université Lyon 2 déterminé.e.s à accueillir au sein même de la faculté une cinquantaine de personnes à la rue. L’occupation d’un amphithéâtre situé à Bron au sud de Lyon a duré pendant plus d’un mois avant que la présidence ne recours au référé pour mettre tous le monde dehors. A L’Université Grenoble-Alpes, à Nantes ainsi qu’à Poitiers le même élan de solidarité à permis de mettre temporairement à l’abri des dizaines de personnes. À chaque fois, les collectifs et militant·e·s organisé·e·s au sein d’assemblée générale de lutte ont exigé des relogements pérennes et ont rejeté les solutions cyniquement proposées par les pouvoirs publics tels des gymnases ou des salles municipales ouvertes pour quelques nuits seulement dans le cadre de plan « grand froid ». Les occupant.e.s n’ont eu de cesse d’interpeller la métropole et la préfecture d’une part sur la question du logement mais également pour la régularisation d’un grand nombre d’entre elles et eux soumis.e.s au dispositif « Dublin » les obligeant à faire leur demande d’asile dans le premier pays européen où ils et elles sont arrivé.e.s (souvent l’Italie). Mais la préfecture a tout bonnement refusé et l’une et l’autre des revendications malgré les itinéraires terrifiants parcourus par la plupart des migrant.e.s (prison, esclavage en Libye, traversée au péril de leurs vie de la méditerranée ou des chaînes de montagnes).

Face à ce silence criminel les militant.e.s les plus déterminé.e.s se sont emparé.e.s depuis le 12 décembre d’un bâtiment vacant depuis plus de trois ans, appartenant à la métropole de Lyon situé à Villeurbanne. Baptisé « Amphi Z » en écho à l’occupation de l' »Amphi C » de la fac de Lyon celui ci accueille (environ 120 personne)s une centaine de personne.  La solidarité s’organise et requiert du monde pour filer des coups de mains (travaux,) dons matériels (chauffage, couvertures, nourriture) mais aussi financière, une cagnotte en ligne est d’ailleurs accessible. Pourtant tout le monde n’a pas pu se réfugier Amphi Z faute de place. De nombreuses personnes dorment encore dehors.  La préfecture profite de la trêve des confiseurs et de la solidarité permettant à une dizaine de migrant.e.s isolé.e.s de passer les fêtes de fin d’année hébergé.e.s chez des étudiant·e·s. Mais nous refusons d’assumer ad vitam æternam le rôle de l’État car nous ne pensons pas que la charité ou la substitution aux pouvoirs publics ne soit une véritable solution. Nous ne deviendrons pas les gestionnaires de la misère organisée par les capitalistes.

Face à la crise du logement nous réaffirmons les objectifs maximaux du communisme:  abolition de la propriété privée, gratuité des logements ! A l’État nous disons : pas de trêve pour les luttes! Nous n’aurons de cesse de mettre en cause le capitalisme seul responsable de cette situation abjecte.

C’est pourquoi nous nous organisons toujours plus déterminé·e·s en diffusant les revendications élémentaires suivantes:

  • arrêt immédiat des expulsions et des coupures d’eau, de gaz et d’électricité
  • réquisition des logements vides
  • baisse immédiate des loyers puis gratuité totale des logements sans indemnités compensatoires pour leurs anciens propriétaires

Nous invitons tou·te·s les lyonnais·es à se joindre à la manifestation du 13 janvier (infos à venir)

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