Saint-Étienne : une manifestation réussie…mais une grève à construire

La manifestation de ce mardi 10 octobre à Saint-Étienne a rassemblé 7000 personnes, soit plus que lors des deux journées d’action du mois de septembre contre la loi travail XXL. L’appel syndical a été très suivi dans la fonction publique, et la colère grandit contre les mesures vexatoires prises par le gouvernement. Mais la journée ne saurait se résumer à un mouvement concernant les seul·e·s travailleur/ses du public : la solidarité public-privé, la loi travail ou encore la politique fiscale au service de la bourgeoisie étaient particulièrement présents dans les mots d’ordre comme dans les discussions.

La présence d’un cortège d’une centaine d’étudiant·e·s et de travailleur/ses précaires, si elle ne marque pas encore une entrée en masse de ces catégories dans le mouvement, montrait qu’il ne saurait pour beaucoup être question de réduire la grève à la question des baisses de salaire en cours dans la fonction publique. Cet enjeu existe, mais il s’inscrit dans une destruction profonde des droits de l’ensemble des travailleur/ses.

Beaucoup partagent l’idée que les mots d’ordres sectoriels sont insuffisants, limités stratégiquement et politiquement. Cette première journée de grève de la fonction publique, comme les manifestations, ont permis de mettre à l’ordre du jour, dans les écoles, les hôpitaux, les collectivités, les revendications de l’ensemble de notre classe. Elle aura aussi montré une fois de plus le peu de pertinence du saupoudrage des grèves et des actions, face à des attaques nombreuses et politiquement cohérentes.

À Saint-Étienne comme ailleurs, il reste donc une grève à construire, dans le public comme dans le privé, dans les lycées et les facs, parmi les précaires et les sans-emplois. Le gouvernement, arrogant face aux fonctionnaires et brutal face aux travailleur/ses, ne perdra de sa morgue et surtout ne pliera que lorsque nous nous montrerons collectivement capable de bloquer l’économie et de lui opposer une riposte plus massive encore.

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