Elections présidentielles : de la crise politique à l’affrontement de classe

Dans moins de dix jours aura lieu le scrutin de premier tour de l’élection présidentielle. Sur les onze candidats qui se présentent aux suffrages, seuls deux peuvent légitimement se revendiquer des idées du mouvement ouvrier : Philippe Poutou et Nathalie Arthaud. La controverse qui oppose les neuf autres a pour objet l’orientation à donner au capitalisme français.

 

Cette controverse électorale permet de mesurer le contraste stratosphérique qui existe entre la vie réelle des masses et les préoccupations de la classe riche et de ses serviteurs politiques. L’élection indique également aussi la crise profonde de direction qui traverse cette classe capitaliste, ainsi que les mouvements erratiques d’opinion parmi plusieurs couches de la société.

 

Alors que la social-démocratie traditionnelle se montre incapable d’encadrer son électorat historique et que la droite poursuit sa radicalisation et s’enfonce dans les affaires, les couches essentielles de la bourgeoisie misent sur une candidature qui ne trouve sa base dans aucun appareil de parti ancré dans la société, mais dans une association plébiscitaire : Emmanuel Macron. 

 

Les succès électoraux répétés de l’extrême-droite comme la multiplication des candidatures nationalistes et conspirationnistes marquent d’une autre manière le désarroi profond traversant une bourgeoisie reléguée au second plan des rapports internationaux, et ne sachant dans quelle alliance stratégique se placer, entre empires rivaux.

 

Enfin, sur les ruines de la social-démocratie se met en place une autre ligue plébiscitaire, vouée à l’élection d’un Jean-luc Mélenchon qui, tout en se situant sur le même terrain que ses concurrents, souhaite attirer le vote ouvrier en promettant une modeste augmentation de salaire et une meilleure couverture sociale. Bien plus, il s’adresse à toutes les classes – et singulièrement à la classe capitaliste – pour proposer une solution à la crise politique : la refondation des institutions, visant à donner une seconde vie à la démocratie bourgeoise.

 

Quel que soit le résultat de l’élection, les forces qui structurent le paysage politique depuis cinquante ans se retrouveront considérablement affaiblies avant que celles appelées à en assurer le remplacement n’aient pu construire une assise suffisante pour assurer un gouvernement stable. Cette situation détermine une crise de régime que la bourgeoisie tentera d’une manière ou d’une autre de résoudre à son profit en imposant, en dernière instance, un régime autoritaire pour appliquer son programme d’aggravation de l’exploitation capitaliste et de restauration du taux de profit. Cette tentative sera en retour de nature à provoquer des réactions de résistance parmi les travailleurs.ses.

 

Le résultat des élections présidentielles déterminera pour partie le rythme et les modalités superficielles de cette avancée vers la crise. Dans tous les cas de figure, elle n’en restera pas moins inévitable. Quel que soit le résultat des élections, la crise se dénouera dans les usines, les ateliers, les bureaux et dans la rue, dans le heurt direct des intérêts de classe opposés. 

 

Le prolétariat n’est non seulement pas battu, mais il n’a pas encore donné sa force. Au-delà de ces élections et de leur issue, et quels que soient les choix faits en matière électorale, ce qui importe en définitive, c’est le renforcement dans le pays des noyaux communistes révolutionnaires en rupture avec l’opportunisme comme des organisations de lutte et de classe.

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