Shaoyo Liu assassiné par la BAC : comment ces gens-là peuvent-ils ne pas avoir honte ?

Le dimanche 26 au soir, alors que la mobilisation suite au viol de Théo par un flic n’est même pas retombée, une Brigade Anti-Criminalité (BAC) a abattu Liu.

Ce père de famille de 56 ans, immigré chinois, fait la cuisine lorsque les agents de la BAC en intervention pour du tapage nocturne défoncent sa porte et ouvrent le feu sans sommations. Liu est touché, il meurt devant ses enfants. Défiant toute décence, une BACeuse dit à son collègue que s’il ne l’avait pas tué elle l’aurait fait elle-même. Elle ne se cache même pas des enfants qui ont assisté à toute la scène.
Mais, au-delà du comportement immonde des BACeux, finalement toujours cohérents avec eux-mêmes, l’impunité totale dont jouit la police nous donne la nausée. L’État est solidaire avec sa police. Il y a peu, la justice n’a finalement condamné qu’à du sursis le flic qui avait assassiné Amine Bentounsi. Et encore : c’est une condamnation d’une rare sévérité, puisque la plupart du temps aucune sanction n’est donnée. La justice est d’un laxisme sans égal devant les flics lorsqu’ils agressent, mutilent, violent ou tuent des prolétaires.

Le gouvernement du PS a voté il y a peu la déréglementation de l’usage des armes à feu par la police et notamment pour la BAC. Or, pour beaucoup de flics, cela n’est pas suffisant : ils veulent maintenant la présomption de légitime défense sur le modèle de ce qui se pratique aux États-Unis avec les conséquences que l’on connaît pour les populations des quartiers noirs et latinos. Cette revendication policière est largement portée par les politicien-ne-s réactionnaires. Elle est au cœur du programme du FN, qui bénéficie maintenant de plus de 50 % d’intention de vote dans la police. Que se serait-il passé pour Liu Shaoyo si cette mesure était déjà en vigueur ? Il n’y aurait pas eu d’enquête, car les flics auraient été présumés en état de légitime défense… Cette revendication policière est également portée par presque tous les syndicats de la profession qui semblent fatigués qu’on leur demande des comptes lorsqu’ils tuent quelqu’un. C’est notamment le cas de la FO police,dont un représentant déclarait à la télévision que « Bamboula » est un terme tout à fait acceptable pour s’adresser à un jeune noir. Personne à la FO ne semble s’être posé la question d’exclure ce camarade raciste !

Non, les flics n’ont pas honte – ils sont fiers de perpétrer des crimes racistes. Ils les justifient avec tout ce qu’ils ont de mauvaise foi. Par exemple, la BAC justifie le meurtre de Liu par le fait qu’il coupait du poisson, ciseaux à la main… Ça se passe de commentaires.

Ces crimes policiers, l’impunité dont-ils bénéficient et le soutien qu’ils reçoivent de la part des plus belles ordures de la politique et de certains syndicats de notre pays sont autant d’éléments qui attestent le caractère raciste de la société bourgeoise.

Les flics n’ont pas honte car l’on apprend partout dans les médias et dans la société que les pauvres, spécialement lorsqu’ils et elles sont issues de l’immigration, sont des parasites. Qu’ils pourrissent la société. Qu’ils et elles vivent des alloc’ ou du deal… Et quand ce n’est pas le cas, c’est qu’ils et elles volent le travail des français-es. La bourgeoisie essentialise le problème social : si les quartiers populaires sont dans la merde ce n’est pas à cause des inégalités inhérentes à toutes les sociétés capitalistes dans le monde. Non, c’est la faute des gens qui y vivent, trop bêtes, mal intégrés, ou trop religieux, issus de la mauvaise « culture »…

Il n’est pas étonnant que dans une telle société, une fraction importante des institutions, en particulier au sein de la police et de la justice, considèrent que tuer un prolo noir, arabe, asiatique ou rrom n’est pas un crime. Il n’est pas étonnant que, loin d’avoir honte d’avoir violé Théo ou d’avoir tué Liu, la police revendique au contraire la légalisation de telles pratiques sous le nom de « présomption de légitime défense ».

Nous, communistes, pensons qu’il faut rompre avec une société où il est possible que des représentant-e-s de l’État puissent défoncer une porte et tirer pour tuer. Il faut aller vers une société où la sécurité ne doit pas être l’affaire d’une police dont on se demande finalement qui elle met en sécurité si ce n’est, tout au plus, les bourgeois – vers une société où la sécurité est l’affaire de toutes et de tous, sous une forme auto-organisée.

Nous, communistes, appelons à ne pas se laisser faire et à se défendre contre la brutalité policière. Ça commence par descendre dans la rue en soutien avec la famille Shaoyo, par l’organisation dans des comités de lutte pour ne pas s’en remettre à la justice et pour organiser une pression militante sur les institutions.

Nous, communistes, appelons à faire barrage aux réactionnaires qui légitiment la violence policière et le racisme, notamment dans nos syndicats où la police n’a d’ailleurs rien à faire !

Justice pour Liu et pour toutes les victimes de violences policières !

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