Alep : la semaine sanglante

img_20161217_165706864_hdr-convertimage
Alep a capitulé. Assassinée par le gouvernement Assad, la Russie, le Hezbollah et l’Iran. L’horreur qui se passe sous nos yeux ne devrait pas rester sans réaction. Demain, ce sera peut-être le tour de Mossoul d’être bombardée par l’impérialisme occidental. Au lieu de soutenir les classes populaires dans leurs combats face à l’organisation Etat Islamique, les USA ou la France préfèrent recourir aux bombardements en massacrant au passage des civils.

En 2011, dans l’élan des révoltes populaires en Tunisie, Egypte, Maroc, Yémen, Bahreïn, les Syrien-ne-s sont descendu-e-s massivement dans la rue pour exiger des réformes démocratiques profondes. Les partisans d’une révolution prolétarienne, dans des groupes tels que la Gauche révolutionnaire syrienne, bien que minoritaires, se sont organisés contre le régime de Bachar Al-Assad  parfois au côté de groupes démocrates bourgeois ou, dans certaines villes, de groupes proches des Frères musulmans. Et dans le cas d’Alep, comme de Homs, ce fut une réussite. Pour un temps.

Les internationalistes du monde entier n’ont pas pris cette révolte à sa juste mesure, d’une part par manque d’information, d’autre part car certain-e-s n’ont pas reconnu le caractère prolétarien de cette révolution. D’autres groupes ou personnes, qui se prétendent internationalistes, ont méprisé totalement cette révolte, suivant aveuglément le régime d’Assad et surtout la Russie ou l’Iran, pourtant fossoyeurs dans leurs pays du projet communiste révolutionnaire. Sans négliger l’influence de la propagande médiatique russe (telle que Russia Today), il ne faut pas oublier que ces positions témoignent de tendances réactionnaires et nationalistes aux antipodes de nos luttes d’émancipation.

À Alep, certains quartiers et certaines villes de la banlieue s’étaient organisés de manière autonome, dans des conseils locaux.  Afin de diviser pour mieux régner, le régime d’Assad libérait pendant ce temps par centaines les prisonniers jihadistes, qui ont formé en partie l’organisation Etat Islamique ou Jabhat Fatah al-Sham (ex Jabhat al-Nusra) tout en affirmant au monde entier qu’il combattait les terroristes. Il favorisa ainsi l’essor de groupes islamistes ultra-réactionnaires, qui se sont renforcés avec l’important soutien d’Etats comme l’Arabie Saoudite ou la Turquie. Après plusieurs années de résistance, les révoltés, petits bourgeois ou prolétariens se sont affaiblis à la suite de la répression incroyable qu’ils ont subie. Et malgré le manque d’organisation, de moyens et de soutien international, ils n’ont jamais baissé les bras, comme en témoignent les manifestations gigantesques contre le régime d’Assad, interdites par les djihadistes, lors de l’une des trêves en février dernier.

Aujourd’hui, alors qu’Alep est en lambeau, que des milliers de prolétaires se sont fait-e-s assassiné-e-s, emprisonné-e-s et torturé-e-s nous, communistes et internationalistes, devons reconstruire de toute urgence une internationale prolétarienne. Nous devons nous demander ce qu’il se serait passé en 2011 si une véritable organisation prolétarienne internationaliste s’était mobilisée pour soutenir les révolutionnaires dans le Maghreb, le Machrek et tout le Moyen-Orient.

Dans un premier temps, nous exigeons l’ouverture des frontières, l’asile politique sans condition et l’arrêt de toutes les opérations militaires par les forces impérialistes quelles qu’elles soient.

Mais nous ne devons pas en rester à ces luttes défensives. Il nous faut aussi engager une offensive internationale contre la classe impérialiste, sans quoi le prolétariat continuera inlassablement de vivre des Alep, des Groznie, des Sebrenica, des Bassora, des semaines sanglantes partout dans le monde.

< >

Réagissez