Réforme du travail : pas d'autre choix que la lutte !


calmeSi
quinze ans d’attaques contre les salarié.e.s ont créé des brèches considérables dans les dispositions légales protégeant les travailleurs.ses de la surexploitation, la loi El Khomri dont le contenu a été annoncé vise à liquider les côtés protecteurs essentiels qui subsistaient dans le code du travail.
Si cette loi venait à être adoptée et le gouvernement a annoncé sa volonté de l’imposer rapidement en usant du 49-3 ses effets seraient considérables non seulement sur les conditions de travail, mais également sur les aspects les plus élémentaires de la santé et la sécurité des travailleurs, à travers :
– La baisse des salaires et la modulation du temps de travail décidées librement par l’employeur à qui il suffira d’arguer de la conjoncture économique et qui pourra licencier les récalcitrants pour «cause réelle et sérieuse».
– Le plafonnement à des montants ridicules des indemnités que le juge prud’hommal peut prononcer en cas de contestation d’un licenciement.
– La mise en cause des conventions collectives de branche qui seront fusionnées.
– Un temps de travail quotidien pouvant aller jusqu’à 12h.
– Un temps de travail de 60 heures par semaine pourra être demandé par l’employeur, sans qu’il n’ait à obtenir l’autorisation de l’inspection du travail et donc à justifier réellement d’un recours exceptionnel et motivé.
– Sans même cette demande de l’employeur, le temps de travail habituel sur un mois pourra être de 46 heures par semaine en moyenne.
– Les onze heures de repos obligatoire quotidien abolies de fait, puisqu’elles pourront être fragmentées sur la journée.
– Un temps de travail de 10 heures par jour pourra être imposé aux apprenti.e.s mineurs.
– Une «liberté» contractuelle totale en matière de rémunération au forfait permettant à l’employeur de s’exonérer de toute obligation en matière de contrôle du temps de repos et d’articulation de la vie familiale et personnelle avec la vie professionnelle des salariés.
– L’examen médical d’embauche visant à vérifier l’aptitude médicale du travailleur au poste de travail est supprimé et les examens périodiques seront organisés tous les cinq ans.
– La nécessité d’une compensation pour les temps d’astreinte est supprimée, permettant aux employeurs d’imposer une véritable garde à vue aux salariés pour les mettre à tout instant à disposition de l’entreprise.
Ces attaques d’une extrême gravité sont constitutives d’une véritable volonté d’écrasement du prolétariat de la part de la classe capitaliste. 
Au-delà de l’exploitation accrue et des baisses de salaire qu’elles permettent, ces mesures mettent en danger grave la santé de tous les travailleurs.ses, et d’abord  les travailleurs.ses les plus exposés, les femmes, les précaires, les ouvrier.e.s immigré.e.s et affecté.e.s aux travaux les plus pénibles, aux horaires les plus difficiles. 
Face au camp du capital, il y a urgence à dresser le camp des travailleurs-ses !
4-HourAgitCette dernière année, les luttes dans les entreprises se sont multipliées. Ces luttes défensives sont invisibles, menées entreprise par entreprise, mais elles existent néanmoins, innombrables, et témoignent que le pouvoir aurait tort de croire que notre classe est battue.
Partout, un patronat de combat mène la chasse aux syndicalistes, tente, par tous les moyens, de licencier et de pourchasser les militant.e.s.
La condamnation à de la prison ferme des travailleurs de Goodyear témoigne de la volonté de l’Etat et de l’autorité judiciaire d’être les relais fidèles de cette chasse.
Ces dernières semaines, des secteurs importants de travailleurs.ses ont montré qu’ils refusaient cette répression et qu’ils étaient prêts à relever la tête face à elle (grèves de solidarité à Paris, mise en place de comités de base à l’initiative de secteurs de la CGT, etc.).
Il y a d’autre part un destin et un intérêt communs des travailleurs.ses et des secteurs de la société victimes, avec l’état d’urgence, de la répression du fait de leur religion réelle ou supposée ; victimes de la chasse aux étrangers en raison de la politique d’immigration ; victimes de la ruine, du fait de la politique des grands groupes capitalistes. Toutes les luttes menées, dans les quartiers, dans les facultés, dans les campagnes, ont un intérêt à converger.
Dans les prochaines semaines, la classe des travailleurs.ses et ses organisations n’auront pas d’autre choix, dans l’intérêt de la société entière, que d’engager une lutte sans merci, large et déterminée à vaincre. Dans cette lutte contre une réforme ni amendable ni négociable, nous défendrons le contrôle des travailleurs.ses sur leur propre mouvement et sur les directions syndicales, à travers AG, comités de grève et de lutte, coordinations locales, régionales et nationale.
Dans le contexte d’une crise irrémédiable de l’économie mondiale capitaliste, cette lutte, au-delà de ses effets immédiats, devra être l’occasion de faire avancer notre indépendance politique de classe et, face aux illusions réformistes et gestionnaires, la perspective de la révolution sociale !

 

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