Mutinerie en prison : le journalisme mort

C’est Le Progrès qui nous l’apprend avec son titre tapageur : « Fragile retour au calme à la prison de Bourg-en-Bresse« . Il y a donc eu du grabuge au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse dans l’Ain. Mais pour quelles raisons les captifs se sont-ils énervés ? Que s’est-il exactement passé pour que l’on puisse parler de retour au calme dans cette prison déjà condamnée par le passé pour des pratiques jugées « humiliantes par nature » ? Dans cette taule, les prisonniers s’étaient déjà « mutinés » selon le Parisien, mutinerie violente au point qu’ils avaient « échangé des insultes avec les gardiens ».
Cette fois, comble de la violence, les prisonniers ont « refusé de rejoindre leurs cellules » et cela « pacifiquement ». Les brigades d’ERIS, l’élite des matons, sont intervenues, cagoulées et équipées comme à leur habitude de fusils et de gaz lacrymogène. Heureusement les meneurs seront punis, l’un est déjà muté dans une prison bien loin de sa famille, et quelques autres sont en isolement, en attendant un même sort.

Comme d’habitude avec Le Progrès, avec la grande majorité de la presse régionale, les faits sont traités de manière scandaleuse, le titre augmentant de manière disproportionnée la violence des faits et les seuls ayant le droit à la parole étant les matons (ou les policiers, dans les cas de violences policières).
Mais au delà de cette vision partiale du journalisme, ce qui frappe dans cet article c’est la condamnation sans procès et l’absence totale de violences de la part des prisonniers. La preuve est faite que la parole des prisonniers est niée : dans ce simulacre de démocratie, c’est la double peine qui s’applique aux prolétaires : déjà plus interpellés et condamnés que les bourgeois, à nouveau condamnés pour avoir exprimé des revendications liées à un contexte de vie dégradant et inhumain.
Une preuve de plus, s’il en fallait, que les prisons ne sont là que pour détruire les individus les plus précaires.

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