Ça va chauffer ! (3)

Suite de notre série sur l’écologie (voir premier volet, deuxième volet)

L’inefficacité des solutions étatiques face au changement climatique :

Par opposition aux libéraux, d’autres proposent de réglementer les émissions de gaz à effet de serre, et de polluants en général, en confiant aux États le soin de contrôler la mise en œuvre de ces dispositions. Concrètement, il s’agit de fixer un seuil de pollution « acceptable » que les entreprises doivent respecter. De telles mesures contraignantes pourraient ainsi être à l’origine de progrès importants et venir contrarier les appétits de destruction des capitalistes. Mais d’une frontière à une autre la pollution demeure gagnante.

Les solutions étatiques se heurtent aux impératifs du système capitaliste, les États devant sans cesse trouver des compromis pour favoriser la « compétitivité » des entreprises tout en donnant des gages à la population au niveau de la protection de l’environnement. Ainsi, les moyens de contrôle pour s’assurer de l’application des réglementations sont très insuffisants. Les États bourgeois n’ont aucun intérêt à nuire à leurs amis patrons qui se plaignent continuellement des « khmers verts » et font du chantage à la délocalisation (même si ponctuellement les États peuvent agir sous la pression d’ONG environnementales ou de collectifs de riverains). En France par exemple, les moyens alloués à l’inspection des installations classées – chargée de contrôler les entreprises les plus polluantes – sont ridiculement faibles comparés au nombre d’établissement à surveiller : 1 230 équivalents temps plein pour 500 000 établissements (chiffres du ministère) ! Quant à la récente réforme pour « simplifier le droit », elle a permis à l’État de vider de sa substance la législation sur la protection de l’environnement dans plusieurs domaines. Il en est de même du principe « pollueur-payeur » qui reste souvent lettre morte, à l’image de Total qui a été relaxé par la justice suite à la la marée noire de l’Erika ou à la catastrophe d’AZF.

Une autre solution prônée par les promoteurs de l’État est la mise en place de taxes. L’éco-taxe sur les camions a été abandonné suite au mouvement des bonnets rouges. Toutefois, un projet plus ancien pourrait bien réapparaître : la taxe carbone. Taxer les marchandises les plus polluantes semble une bonne idée au premier abord. Toutefois, ce type de taxe peut être problématique quand il gomme la prise en compte des inégalités sociales dans le calcul de l’impôt (par exemple les bourgeois et les ouvriers payent le même montant de TVA quand ils achètent une marchandise). Nous nous souvenons de la « poll tax » (« impôt par tête » où les riches comme les pauvres payaient le même montant de taxe d’habitation) de Margaret Thatcher en Angleterre qui a entraîné un gigantesque mouvement social qui a conduit à la chute de la « dame de fer »

De toute façon, les réglementations ou les taxes semblent dérisoires face à l’ampleur de la crise écologique, un peu comme si les autorités voulaient imposer une vitesse limite pendant une course de Formule 1. À ce titre, les mesures compensatoires aux grands projets d’infrastructures sont très parlantes : les promoteurs de projets pharaoniques (Lyon-Turin, Center Parcs etc.) financent la « restauration » d’espaces naturels dégradés pour pouvoir détruire en toute bonne conscience des hectares de forêt et de zones humides.

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