Racisme d’État, attaques capitalistes : quand le pouvoir sert la soupe au front national

Tract diffusé lors de la manifestation contre le FN du 29/11/2014

Mais pourquoi en sommes-nous là ?

Le gouvernement actuel porte une responsabilité écrasante dans la vitalité affichée actuellement par le FN. Le racisme d’Etat vient légitimer, banaliser et rendre crédible le discours de l’extrême-droite. C’est bel et bien les revendications du FN que le gouvernement concrétise lorsqu’il organise la chasse aux sans-papiers, expulse les roms ou quadrille les quartiers populaires. De ce point de vue, Le gouvernement PS se place définitivement dans la continuité du gouvernement UMP.

La politique antisociale du gouvernement a démoralisé les travailleurs, notamment ceux qui pensaient qu’« Hollande ne pourrait pas être pire que Sarkozy ». D’autant plus que cette politique s’est accompagnée d’un mépris sans limite pour les prolétaires (des « sans-dents » et des « illettrés » selon nos dirigeants) et de généreux cadeaux pour le MEDEF. Pour notre part, nous ne nous sommes jamais fait d’illusion sur le rôle qui est attribué aux gouvernants dans la société actuelle. Croire que l’État puisse être un « arbitre entre des partenaires sociaux qui négocient des solutions à la crise dans l’intérêt général » est une vaste fumisterie destinée à endormir la vigilance des prolétaires. En réalité, l’État bourgeois est encore et toujours le bras armé du capital. Ce sont les exploiteurs qu’il soutient en réprimant les mouvements sociaux (à Sivens comme sur la Place Bellecour), en achetant la paix sociale, en relançant l’économie par ses investissements, en subventionnant les entreprises ou en renflouant les banques avec nos impôts. Le seul horizon proposé par la « gauche » au pouvoir est de gérer la pénurie et le désastre. Devant l’absence de perspectives offertes par cette « gauche », il n’est pas surprenant de constater que le « premier parti de France » – et notamment chez les ouvriers – est l’abstention.

Pas de compromis avec les partis bourgeois !

Etablir des compromis contre nature avec les partis de gouvernement – même sous prétexte de faire front contre le « fascisme » – revient à renforcer les racines de la montée de l’extrême-droite. Ce serait cautionner le racisme d’État, encourager la politique de soutien aux attaques capitalistes, enterrer les perspectives de révolution communiste. Nous avons donc fait le choix de ne pas nous engager dans cette impasse. Les fronts larges pour faire « barrage » à l’extrême-droite ont d’ailleurs régulièrement échoué au cours de l’histoire (comme en Espagne en 1936 ou au Chili en 1973). Si des actions communes provisoires avec des partis bourgeois peuvent parfois s’envisager, c’est uniquement dans certaines situations de danger critique : par exemple lorsqu’une minorité est gravement menacée ou une population colonisée. Surtout, celles-ci ne doivent en aucun cas conduire à renoncer aux revendications révolutionnaires ou servir de caution à une politique antisociale. Mais qu’en est-il aujourd’hui de la nature du danger représenté par l’extrême-droite ?

Derrière le fascisme, se cache le capital :

Sur le fond, la dédiabolisation du FN est une illusion d’optique. Ce n’est pas le FN qui tient un discours plus modéré qu’autrefois, ce sont les autres politiciens qui ont repris à leur compte les promesses de campagne et le racisme décomplexé de la famille Le Pen. Le député-maire centriste de Cholet (UDI) a déclaré à propos des roms qu’ « Hitler n’en a peut-être pas tué assez ». Quant à J.F. Copé, il affirme en toute franchise que c’est « le FN qui copie le programme de l’UMP ». Marine Le Pen défend désormais des positions vaguement sociales dans les médias. Mais sur le terrain nous observons en réalité que les mairies gérées par le FN se font remarquer par leurs mesures à l’encontre des prolétaires (suppression de la gratuité de la cantine scolaire pour les familles les moins riches par exemple). « La preuve du pudding, c’est qu’on le mange » disait Engels.

Sur la forme, Marine Le Pen a bien compris qu’un régime fasciste et ultra-autoritaire est devenu inutile pour imposer la loi du capitalisme. Le « soft power » est plus efficace pour faire rentrer dans les têtes les théories stupides de l’extrême droite : la propagande publicitaire ou les vidéos conspirationnistes sur internet font des ravages dans les cerveaux. Toutefois, les régimes de type fasciste ou fascisant furent une réponse à la montée des luttes sociales et aux crises du capitalisme, que ce soit dans l’Italie des années 20 ou plus récemment en Grèce ou en Indonésie. Si le retour en force des luttes menées par la classe prolétarienne venait à s’accroître (comme c’est le cas dans de nombreux pays du monde) jusqu’à venir menacer le système capitaliste, il est probable que la mise en place de régimes ultra-autoritaires soit l’une des solutions adoptées par les classes dirigeantes pour contrer ces luttes, y compris en Europe. Les classes dirigeantes sont en effet capables de tout pour sauvegarder leurs privilèges, la collaboration de nombreux grands patrons avec le régime nazi l’a démontré. Aussi, il est de notre responsabilité de nous tenir prêt à cette éventualité.

– intensifier la lutte de classe pour en finir avec le capitalisme et ses larbins
– combattre les idées réactionnaires et les préjugés racistes, mettre en pratique notre internationalisme
– organiser l’autodéfense collective pour être en capacité de contrer les attaques de l’extrême-droite

– proposer des perspectives pour l’avenir, la révolution comme la meilleure alternative possible face au nihilisme du capital et de l’extrême-droite.


Racisme et capitalisme :
Le racisme – et les idéologies réactionnaires en général (patriarcat, nationalisme etc.) – trouvent leurs fondements dans la perpétuation de privilèges matériels. A l’échelle internationale, le racisme est étroitement lié à la colonisation, au bénéfice des pays impérialistes. A l’échelle nationale, il s’inscrit dans une situation de sur-exploitation d’une partie du prolétariat, par la mise en place d’une division du travail très profitable pour l’économie capitaliste. Le statut de « clandestin » des sans papiers – qui est engendrée par les politiques de maîtrise des fluxs migratoires – permet au patronat d’exploiter au maximum nos camarades sans-papiers et de faire une pression à la baisse sur les salaires. Ainsi, les tâches les plus pénibles et les plus mal payées leurs sont délégués. Par exemple, le secteur du nettoyage est principalement composé de travailleuses immigrées. Malheureusement, un trop grand nombre de prolétaires cherchant à sauvegarder leurs maigres privilèges préfèrent s’en prendre aux plus dominés, au lieu de regarder au-dessus d’eux les capitalistes qui s’enrichissent sur le dos de tous et toutes. Et si certaines couches des classes dirigeantes peuvent défendre des positions anti-racistes, c’est bien souvent par intérêt lors de conflits entre capitalistes (à l’image de l’ « Union » pendant la guerre de sécession qui luttaient contre l’esclavage chez les sudistes dans le but de combler le manque de main d’œuvre dans leurs établissements du nord des USA), voire plus simplement dans l’optique d’un cynique calcul électoraliste.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.