Logement : se battre pour nos besoins, abattre la propriété privée !

Ces derniers jours, un groupe de personnes précaires et solidaires a décidé de réquisitionner trois immeubles inoccupés depuis 2011 situés au 37, 38 et 39 rue Paul Cazeneuve à Lyon 8e pour permettre le logement de personnes et de familles à la rue. L’occupation a été  » officialisée  » suite à une manifestation de 1500 personnes dans les rues de la ville. Les bâtisses, publiques, appartiennent au Grand Lyon qui souhaite les revendre à une régie immobilière privée. L’action menée menaçant la conclusion de ce contrat, la préfecture, sollicitée, a décidé de s’émanciper du respect de la loi, d’expulser et de réprimer violemment les occupant-e-s.Cette nouvelle expulsion, qui s’inscrit dans une vague d’évictions, montre une nouvelle fois de quel côté se situe l’État, dans la lutte qui oppose les besoins sociaux et la propriété privée. Nous sommes solidaires des expulsé-e-s et de leur lutte pour récupérer, au profit de tous-tes, les biens immobiliers accaparés par une minorité.

La situation dramatique du logement des classes populaires

La part des loyers dans les dépenses des particuliers a été presque multipliée par deux depuis 25 ans. Le prix des biens immobiliers à l’achat a connu une augmentation encore plus nette, en atteignant un pic historique en 2010. Si les générations précédentes de travailleurs-ses pouvaient pour partie accéder à la propriété, ce temps est révolu. Pourtant, un nombre grandissant de logement restent vides, en l’attente d’être mobilisé comme capital par de riches propriétaires et entreprises qui ne souhaitent pas s’encombrer d’occupants.
A quelques pas de ces biens souvent en parfait état, on observe la vétusté des logements populaires, les destructions-rénovations prétextes à l’augmentation des loyers et à l’éviction des pauvres, et la résurgence des bidonvilles. Les 3,5 millions de personnes mal-logés, et les 141 500 qui dorment dans la rue ne sont pas le résultat d’une malédiction obscure, mais de l’organisation capitaliste de la société. Face à cette pénurie organisée, des luttes s’organisent partout. Au même titre que la question du logement est un aspect de la crise capitaliste, ces luttes doivent être considérées comme un aspect de la lutte pour liquider le régime du capital, incapable d’apporter une solution durable à la question du logement.

L’organisation communiste de l’accès au logement

Les loyers payés par des générations de travailleurs-ses ont remboursé des milliers de fois le prix de construction de la plupart des immeubles actuels : ils peuvent être réquisition nés sans contrepartie quelconque. Il en va de même des logements vides et des grandes propriétés bourgeoises. Les autres logements occupés pourront être laissés à la jouissance de ceux-celles qui les occupent au jour de la révolution, et revenir à la société dès lors qu’ils les quittent ou décèdent. Ce patrimoine immobilier dans les mains de la communauté, la rente quasi-féodale que constitue le loyer sera abolie. La gestion du parc de logements gratuits sera entre les mains de la population organisée. Des organismes locaux auront simplement à connaître les demandes de logement, les départs et les arrivées, de sorte à les réguler sans autre critère que les besoins à la fois matériels et moraux.
Les normes de la construction, notamment en matière écologique, doivent être décidées à une échelle globale. Dans un premier temps, des contraintes visant le désengorgement des zones les plus densément peuplées, ou l’accueil de camarades réfugié-e-s, peuvent s’imposer par en haut. Mais la décision de bâtir des logements neufs, et plus largement l’organisation spatiale de la vie collective et individuelle, viendra dans la société communiste essentiellement d’en bas. Elle participera à remodeler un territoire défiguré par des siècles de capitalisme.
L’application de ces mesures simples et évidentes n’est pas une utopie : elle dépend simplement de l’intensification de notre lutte pour la satisfaction de nos besoins, jusqu’au renversement de la bourgeoisie, jusqu’à la révolution.

960780-0

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