La mort de Nelson MANDELA

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Sortant d’une détention de 27 ans le 11 février 1990, Nelson Mandela, qui se fixait l’objectif du démantèlement du régime d’apartheid dirigé contre la population noire sud-africaine, déclarait : « Les facteurs qui ont motivé la lutte armée existent encore aujourd’hui. Nous n’avons pas d’autre choix que de continuer. Nous exprimons l’espoir qu’un climat favorable à un règlement négocié sera créé prochainement, de façon à rendre inutile la lutte armée. »
Les grandes puissances impérialistes qui célèbrent aujourd’hui celui dont l’emprisonnement n’avait guère ému, et qu’elles désignaient pour la plupart comme un terroriste, tentent de faire oublier que tout ce qui a été arraché par les travailleurs-ses noir-e-s d’Afrique du Sud l’a été non par l’idéologie de la « paix » et de la « réconciliation », mais, jusqu’au dernier moment, par la menace de l’insurrection armée.
Ce que commémore aujourd’hui le monde bourgeois en la personne de Mandela, ce n’est pas cette leçon, mais c’est la « normalisation » de la révolution sud-africaine. En se fixant comme limites l’objectif de l’égalité formelle devant la loi et la fin de la législation raciste, le programme de l’ANC a profité à une minorité de noir-e-s aisé-e-s qui a pu partager avec les bourgeois blancs les fruits de l’exploitation de la masse des autres noir-e-s, ouvrier-e-s et paysan-ne-s, qui croupissent aujourd’hui encore dans une misère sans nom, qui va en s’aggravant.
Seule une révolution socialiste aurait permis d’en finir avec cette misère, et même seulement, de remettre en cause de manière fondamentale la domination des capitalistes blancs et des puissances impérialistes sur l’économie sud-africaine. A défaut d’avoir mené la révolution jusqu’au bout, ce sont aujourd’hui les gouvernements de l’ANC de Mandela qui prennent en charge la répression des ouvriers noirs, avec l’aval tacite du Parti « communiste » d’Afrique du Sud, comme lors du massacre de plusieurs dizaines de mineurs de Marikana en août 2012.
Loin des cérémonies hypocrites organisées par les dominant-e-s, les opprimé-e-s doivent voir dans les années militantes de Mandela l’illustration que seul le langage du rapport de force permet d’obtenir la moindre amélioration des conditions de vie et des libertés face aux Etats de la bourgeoisie. Ils-elles doivent également comprendre qu’il n’y a aucune « réconciliation » possible entre les classes antagoniques, que seule une révolution sociale complète permettra de conquérir l’égalité véritable.

 

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