Erdogan 10 ans ça suffit, Démission !

Ils sont des milliers dans le quartier Taksim à Istanbul ou au parc Kugula à Ankara a crier ce slogan après la répression brutale par les forces de police du mouvement. Depuis le 31 mai 2013, deux manifestants sont morts, il y a plus de 5000 blessés et 1700 arrestations. Le parti au pouvoir l’AKP (Parti de la justice et du développement), et à sa tête le premier ministre Erdogan, multiplie les provocations pour tenter de saboter le mouvement de contestation. La police anti-émeute utilise les canons à eaux, vise à tir tendu et infiltre les manifestants avec des casseurs pour décrédibiliser la lutte. Depuis quelques jours les supporter de foot sont venus grossir les rangs comme nous l’avions vu en Egypte aux cris de « Flic enlève ton casque et ta matraque montre nous si tu es un homme ».  Pour l’instant le mouvement semble assez hétérogène, les forces de la gauche traditionnelle cotoient les kémalistes et les nationalistes.Les deux derniers appels à la grève générale ont été bien suivis par les travailleurs.

Nous sommes tous des çapulcu  !
Nous sommes tous des « çapulcu » ! traduction :« voyous » c’est ainsi qu’Erdogan a qualifié les manifestants et c’est donc ainsi qu’ironiquement ils s’appellent.

Erdogan reçoit le prix des « droits de l’homme Khadafi » 
Surfant sur son image d’homme issue de milieu populaire et donnant l’image d’un islamisme « modéré » et « démocratique » Erdogan et l’AKP ont remportés haut la main les élections de 2002. Pourtant les habitants de Turquie ont vite déchanter, car, tout comme ses prédécesseurs, il contrôle les médias, emprisonne les opposants et comble de l’ironie , il reçoit en 2010, des mains de l’ex dictateur libyen Khadafi le prix des droits de l’homme (!). Son programme économique n’a également rien de populaire, en tant qu’allié de l’Europe, des Etats Unis et d’Israël il sert avant tout les intérêts de la bourgeoisie nationale et internationale, il met en place l’austérité, impose des réforme des retraites, et privatise largement les entreprises. Le salaire moyen en Turquie est de 330 euros par mois pour une semaine officielle de 45 heures (mais bien souvent de plus de 60 heures).
Les droits des femmes sont souvent remis en cause, l’année dernière Erdogan a menacé d’interdire l’avortement en considérant que ce dernier est un « crime » provocant de nombreux rassemblements féministes.

« Même si cela doit nous coûter la vie nous marcherons »
Si, depuis le 31 mai, le mouvement de manifestations et d’occupation des principales places du pays ne faiblit pas en Turquie c’est aussi parce que les travailleurs ont une grande expérience des luttes contre le pouvoir. Depuis les années 70, la répression suite aux différents coups d’États, l’emprisonnement politique sont le quotidien de milliers d’opposants. En 1980 le coup d’Etat militaire d’Evren instaure une dictature sans pitié, l’extrême droite impose sa terreur : arrestations, meurtre, torture, 100 000 travailleurs sont alors licenciés pour raisons politiques. 6000 opposants politiques sont assassinés. Le courage, la combativité, la résolution des ouvriers est bien connue, pour ne citer qu’un exemple rappelons la lutte des mineurs grévistes qui marchèrent à plus de 100000 personnes sur Ankara lors de l’hiver de 1990. Leur détermination permit la victoire de leurs revendications et plus de 250 % d’augmentation de salaires.

« Etre captif, là n’est pas la question. Il s’agit de ne pas se rendre : voilà.  » Nazim Hikmet
La jeunesse qui se mobilise aujourd’hui pour la liberté manque pour l’instant d’un programme solide qui forme des revendications claires mais son courage, largement relayé par les réseaux sociaux, donne de l’espoir aux forces révolutionnaires tout autour du monde. Ces femmes et ces hommes qui se battent aujourd’hui sont un exemple pour nous tous. Les puissances impérialistes ont peu d’intérêts à maintenir au pouvoir l’akp, elles appuieront n’importe quel gouvernement qui maintiendra leurs avantages économiques et garantira la stabilité de la région (la Turquie a des frontières commune avec la Syrie, l’Iran, la Grèce). Mais si le mouvement faibli, les grandes puissances ne feront rien pour l’aider à grandir et continueront de commercer avec Erdogan et sa bande.
La seule perspective pour les travailleurs de Turquie comme ailleurs reste  le renversement de l’ordre social! Contre les injustices, l’exploitation, pour la création d’une société où le mot liberté n’est pas un slogan mais une réalité il faudra se battre et s’organiser, s’unir autour de la perspective communiste révolutionnaire et renverser les capitalistes au pouvoir.

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