Budget de l'Etat : un mensonge au service du capital

pyramideLes données récentes de la Cour des comptes indiquent que l’État et les collectivités déboursent 100 milliards d’euros par an pour financer les différents dispositifs d’ « aide aux entreprises ». Si nous y ajoutons les 20 milliards de crédits d’impôt décidés tout récemment par le pouvoir « socialiste », nous observons que les institutions drainent vers le capital environ un tiers du budget général de l’État. Cinquante milliards d’euros sont, en outre, destinés au remboursement de la dette avec intérêts, auprès des géants de la banque et de la finance.

L’aide aux entreprises, qui n’y apparaît pas en tant que tel, est donc le premier poste du budget ; le remboursement de la dette, le second. L’appareil d’éducation et militaire arrivent en troisième position. Loin derrière, le financement du RSA et celui des allocations familiales reviennent, à eux deux, à un peu plus de vingt milliards d’euros, c’est à dire rien du tout. L’aide médicale d’État, utilisée surtout par les étrangers, coûte bien moins qu’un milliard d’euros.

L’idéologie dominante, « libérale », veut nous faire croire que l’État « intervient trop », qu’il faudrait réduire ses dépenses. Une partie de la gauche, « républicaine », prétend au contraire qu’il faudrait rétablir l’État dans ses prérogatives, comme condition de la « justice sociale ». La vérité est que l’État n’a non seulement jamais cessé d’intervenir dans l’économie, mais qu’il le fait aujourd’hui plus que jamais. Et le cœur de son intervention n’a rien à voir avec ni avec le contrôle de la « concurrence libre », ni avec la redistribution des richesses.

Elle consiste à assister les grandes entreprises et le secteur financier, qui ont un besoin vital de faire les poches, jusqu’à la dernière miette, à toute la société, quitte à pousser vers la misère des millions de personnes pour garder leur stupide « rang » dans la compétition internationale.

Le capitalisme est une économie assistée. Lorsque ses défenseurs prétendent que notre santé, nos allocations, nos salaires leur coûtent trop chers, c’est un bobard destiné aux enfants de cinq ans. La vérité est qu’ils veulent à tout prix maintenir leur taux de profit, quitte à ce que ce soit sur nos dépouilles.

Les mauvais jours finiront !

Une classe dirigeante, un pouvoir d’État, qui ne tiennent que sur la mystification à propos de leur politique économique et de leur budget, sur les mensonges, inepties et diversions déversés quotidiennement par les médias de masse, sont des colosses aux pieds d’argile. Mais dès lors qu’ils sont incapables de formuler d’autres projets que la baisse de l’indemnisation des chômeurs-ses, la taxation des allocations familiales, et la liberté totale de licencier, ils sont destinés à produire des explosions sociales, à perdre toute légitimité.

Comment s’étonner, dans ce contexte, qu’un chômeur âgé de 43 ans se soit immolé devant l’agence de Pôle Emploi de Nantes, tandis qu’un autre, quelques jours plus tard, a réitéré le même geste à Saint-Ouen ? Comment croire que les larmes de crocodiles versées à leurs propos par des politiques qui mentent à longueur de journée sur la situation économique réelle et sur leur servilité misérable devant la boulimie du capital produiront autre chose qu’une révolte et une rage redoublées ?

La perspective communiste, c’est à dire l’organisation solidaire et sans exploitation des rapports humains, est la seule alternative. Dans les luttes à venir, il faudra que les travailleurs-ses, les prolétaires les plus combatifs, en rompant avec la perspective syndicaliste et réformiste, sachent la faire resurgir du long sommeil dans lequel l’a plongé la longue période de collaboration de classe de laquelle nous sortons.

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